En Mars 2021, j'étais hospitalisée à l'Unité Breton pendant environ un mois. Pendant mon séjour j'ai pris des photos avec mon téléphone car je n'avais pas mon appareil avec moi. Je me suis dit que je ferais une série de petits formats se focalisant sur l'hôpital.

J'avais imaginé au début que cette série pourrait se faire sous forme de cartes à jouer ou de cartes de tarot où le hasard dicterait l'ordre dans laquelle les images étaient vues. Puis je me suis rendu compte que finalement ces photos formaient une sorte de puzzle ou de labyrinthe — le résultat de mes errances sans but précis dans le parc de l'hôpital où je laissais les environs me diriger. Cela m'a rappelé l'idée situationniste de la dérive :

“Le concept de dérive est indissolublement lié à la reconnaissance d'effets de nature psychogéographique, et à l'affirmation d'un comportement ludique-constructif, ce qui l'oppose en tous points aux notions classiques de voyage et de promenade.” Guy Debord,Internationale Situationniste numéro 2, 1958.

Dans ce labyrinthe psychogéographique, on se retrouve tantôt emporté par une perspective; tantôt dirigé par une flèche; ou on butte contre une porte ou un cul-de-sac. On peut s'y engager dans n'importe quel ordre.

Un dernier mot : la photo c'est le temps et tout est question de temps à l'hôpital. Le rétablissement est également une forme de labyrinthe, constitué d'essais, parfois d'échecs et puis d'ouvertures.